Montant libre
Don sans contrepartie
Votre contribution vous sera intégralement remboursée si le projet n'atteint pas 60% de son objectif.
Bonjour à tous, je m’appelle Marie Anne. Je suis née dans une famille de paysans bourguignons. Dès l'enfance, l'odeur de la terre et le rythme des saisons ont façonné qui je suis. Ce lien-là, profond et discret, ne m'a jamais vraiment abandonnée.

C'est pourquoi, à 37 ans, j'ai pris une décision qui en a étonné plus d'un : retourner sur les bancs de l'école. Non par nécessité, mais par passion. L'amour de la terre, celui qu'on reçoit en héritage sans même s'en apercevoir, et auquel on finit toujours par revenir.
Les légumes, par affinité. Le bio, par conviction. La vente directe, par choix.
Mais le rêve et la réalité se heurtent tôt ou tard même quand on pense y être préparé. Et le retour sur terre peut être rude.
La formation débute en 2017, portée par l'élan d'une époque éprise de bio et de local. La demande était forte, l'enthousiasme communicatif, l'avenir semblait prometteur.
L'installation suit en 2020, pleine d'énergie et d'optimisme. Puis — le confinement, à peine trois mois après les débuts. Dans ce bouleversement inattendu, quelque chose d'inattendu se produit : les gens redécouvrent les producteurs de proximité. Un engouement soudain, chaleureux, porteur d'espoir. Je me suis dit que certains resteraient, que nous continuerions l'aventure ensemble.

Ils ne sont pas restés. Dès les restrictions levées, les nouveaux clients sont repartis aussi vite qu'ils étaient venus. Première chute. Je me suis relevée.

2021 arrive avec son lot d'épreuves. Le manque d'expérience d'abord : un gel tardif frappe les légumes printaniers sous serre, décalant la saison de plusieurs semaines. Puis, en fin d'année, des remontées d'eau ravagent le terrain où tout le stock hivernal était en terre. 60 % de pertes. Et le maraîchage diversifié étant ce qu'il est, les assurances n'ont rien couvert. une petite sécheresse passe par là en 2022
À cela s'ajoute le désintérêt croissant des clients pour les circuits courts — leur quotidien reprenant ses droits, loin des préoccupations alimentaires. Les règlements tardent, les remboursements d'emprunts s'accumulent, les banques ferment le robinet.
Deuxième chute.
Mais la famille a tenu. Des collègues ont fourni des légumes. Des clients, des amis, ont organisé une collecte participative pour remettre un peu d'air sous les ailes. La saison s'est terminée — laborieusement, mais elle s'est terminée. L'énergie est revenue, nourrie par la confiance des autres.
2022 repart sur les mêmes contraintes. Tout est calculé au plus serré, au jour le jour. Les achats réduits, reportés, parfois abandonnés. La qualité s'en ressent : des légumes moins beaux, moins variés, moins vendeurs.
Alors, pour ne pas tout perdre, je commence à transformer ces légumes imparfaits — en tartinades, en confitures, en sauces. Peu de choses, mais suffisamment pour éveiller la curiosité, attirer l'attention, garder le lien.

Depuis, les saisons se suivent dans un équilibre précaire et épuisant. Chaque année sert à combler les retards de 2021 tout en finançant l'année en cours. Moins de diversité, des légumes empruntés aux collègues, des créanciers à faire patienter, une clientèle à satisfaire sans jamais y parvenir tout à fait. Trop petit, trop gros, trop tordu, trop cher, pas assez varié. Il y a toujours quelque chose.

Et quand on met tout son cœur dans ce qu'on fait, on est partout à la fois, on court en permanence — juste pour continuer d'exister, de satisfaire, de rembourser. La fatigue s'installe. Elle finit par tout traverser, jusqu'au foyer.
Mais je m'accroche aidé par mon fils en cuisine essentiellement. Les tartinades trouvent leur public, les recettes s'affinent. La confiance avec les consommateurs tient. Une évolution se dessine, lentement — donner une seconde vie aux légumes imparfaits. Ça prend du temps, mais ça avance.

Alors que les conserves commencent à décoller — du salé comme le Caviar de betterave ou la Patate douce au thym, du sucré apéro comme Patatépices ou Douceur de concombre, des gourmandises comme Citrogette ou Fraisette, et des pickles depuis 2025 — que la production et les ventes s'améliore et que l'espoir revient, le corps, lui, lâche. D'un coup, sans prévenir.
Que faire ? Continuer ? Comment ? Les obligations sont là, les factures, les emprunts, et les 30 % restants de 2021 aussi.
Janvier 2026. Les ventes s'arrêtent brutalement. La pause qui devait durer quelques semaines se prolonge. Les mois défilent. La saison est lancée, les commandes passées. Mais le temps que tout redémarre, les emprunts et les créanciers sont là, derrière la porte, qui attendent.
La ferme, déjà fragilisée, est aujourd'hui en péril. Pourtant, l'histoire n'est pas terminée. Elle est seulement en suspens — le temps de reprendre souffle. Les tartinades et la cueillette sont en chemin.
Le travail a repris. Doucement, prudemment. Le corps a dit stop — cette fois, il faut l'écouter.
Tout se réorganise : les légumes sélectionnés avec soin, destinés en priorité aux conserves, moins de marchés, et une nouvelle page qui s'ouvre — une cueillette libre, pour inviter les gens à venir toucher la terre. Une autre manière d'exister. Différente, mais peut-être plus juste. Plus durable.
Sauf qu'il manque quelque chose d'essentiel : de la trésorerie. De quoi régler les factures et les emprunts accumulés pendant les mois de pause. De quoi acheter pots, ingrédients, et développer de nouvelles recettes. Sans cela, l'année pourrait s'arrêter avant même d'avoir vraiment commencé.
Tout est là, prêt à repartir — l'énergie, la volonté, le savoir-faire construit saison après saison. Il ne manque que ce souffle financier pour que l'histoire continue de s'écrire.
1er palier — 3 000 € Retrouver un découvert bancaire acceptable. Simplement respirer.
2e palier — 5 000 € Rassurer la banque sur les emprunts en attente et la capacité à poursuivre.
Et au-delà — sans limite Chaque euro supplémentaire permet d'aller plus loin : renouveler le matériel de production vendu pour rembourser des dettes, pérenniser l'emploi de mon fils en cuisine, aménager un vrai local de stockage, des zones de confort sur l'espace cueillette, et pourquoi pas, un laboratoire digne de ce nom. Le tout en continuant à honorer les remboursements de 2021.
Un palier à la fois. Mais ensemble, ces paliers peuvent changer la suite de l'histoire.
Merci à toutes et à tous pour votre soutien et votre gourmandise.
Vous pouvez également contribuer par chèque à l'adresse suivante :
Marie-Anne ROLLAND La Ferme du Pâquis Fleury 16 Le Plessis d'Enfer 53410 Le Bourgneuf-la-Forêt
Votre contribution vous sera intégralement remboursée si le projet n'atteint pas 60% de son objectif.
Origine des contributions :
100% particuliers | 0% professionnels
Don sans contrepartie
Le Curieux * celui qui regarde pousser pour la première fois
Un grand merci sincère et des nouvelles régulières de la saison
Le Potager en herbe * encore maladroit, mais déjà accros
Un pot de conserve artisanale (tartinade, confiture ou sauce) de votre choix
Le Complice de saison * il connaît les cycles, il anticipe
Un panier de légumes frais + deux pots de conserves
L'Ami de la terre * il respecte, il prend soin, il transmet
Un assortiment d'un dizaine de conserves salés et sucré de la saison
Le Gardien du potager * passionné, référent pour les autres
Un panier généreux + une invitation à la cueillette libre sur l'exploitation
L'Amoureux des racines *c'est une philosophie de vie
Un panier XXL, une sélection de conserves et votre prénom inscrit parmi les "Amis de la ferme" sur ma page
Un projet de boulangerie au levain naturel et bio, et de petite épicerie locale pour remettre le bien manger au cœur du quotidien.
Aidez-moi à sauver Kali et à lui offrir la vie qu'elle mérite !